Treizieme jour de procès de Khalifa Sall et codétenus LE MAIRE DE DAKAR DONNE MANDAT A LA CREI DE FOUINER DANS SES AVOIRS

13 - Février - 2018

Au 13ième jour du procès intenté par l’Etat contre Khalifa Sall et codétenus, le maire de la ville de Dakar, est revenu sur «l’acharnement» dont il fait l’objet de la part de l’Etat. Pour montrer toute la transparence dont il a fait montre tout au long de ses mandats, il a invité la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei) ou tout autre corps de contrôle à venir fouiner dans ses avoirs et même ceux de ses proches.

Les détenus, dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de la ville de Dakar, ont encore été appelés à la barre pour répondre aux questions des avocats de la défense. Pour ce treizième jour d’audience, le maire de la ville de Dakar, Khalifa Sall, sur les questions d’un de ses conseils, notamment Me Issa Diop, a fait une invite particulière. En effet, pour montrer la transparence avec laquelle il a eu à gérer sa municipalité, Khalifa Sall a tout d’abord rappelé qu’avant de prendre fonction à la mairie, en 2009 , il a fait une déclaration de patrimoine pour non seulement éclairer le public sur ses avoirs, mais aussi pour protéger sa famille. Il ainsi donné mandat à la Crei d’aller fouiller dans ses avoirs, et même ceux de ses proches et amis. Mieux, il a invité ceux qui le poursuivent de se rendre ensemble au niveau de n’importe quel organe de contrôle pour justifier l’origine licite de leurs biens.

Parlant de ses avoirs, il a fait savoir que les comptes qu’il a acquis depuis 30 ans, de 1983 à nos jours, sont les mêmes et qu’il est le seul maire à Dakar à ne pas posséder même 1m² de bail dans Dakar. Poursuivant, il a fait savoir qu’en matière de marchés publics, si la ville de Dakar n’est pas la première au niveau de l’Armp, elle doit faire partie des premières. Mieux, il a révélé qu’aucun rapport d’un quelconque organe de contrôle n’a fait cas de détournement et de corruption au niveau de la mairie de Dakar de toute sa gestion.

Revenant, par ailleurs, sur les raisons de sa comparution au tribunal de Grande instance de Dakar, Khalifa Sall a réitéré que tout est politique dans ce procès, que ce soient les causes, les débats, les fonds, etc. Faisant dans la révélation, il a indiqué qu’un ancien président du Sénégal lui avait fait savoir qu’aucun chef d’Etat ne pouvait utiliser l’existence de ces «fonds politiques» pour l’attaquer, car nul n’ignorait l’existence et le mode de fonctionnement de ladite caisse.

Hélas, se désole-t-il, «ce que l’ancien Président a prédit ne s’est pas réalisé comme il l’a dit car un Président a utilisé cette caisse comme instrument pour me combattre». Ne s’en limitant pas là, le maire est revenu sur les nombreux bâtons que lui a mis l’Etat du Sénégal dans les roues. Il a ainsi estimé que pour les aides octroyées aux communautés lors des fêtes religieuses, ainsi que pour tous les gros investissements structurels, comme l’emprunt obligataire, le pavage de la ville de Dakar, la gestion des déchets, la question du cadre de vie, etc, l’Etat a voulu neutraliser la marge de manœuvre de la ville. Pis, il a révélé qu’après les deux rencontres tenues avec le chef de l’Etat, en juin et septembre 2012, où il a rejeté toutes les propositions politiques qui lui avaient été faites, le régime actuel l’a écarté de tout protocole étatique.

A noter, par ailleurs, que le procès se poursuit ce jour, mardi 13 février, à 9h dans la même salle 4, avec les avocats de la partie civile de la municipalité. Pour éviter que les débats tirent en longueur, le juge Malick Lamotte a invité les différentes parties prenantes à demander des éclaircissements sur les pièces qui n’ont pas fait l’objet de discussion, ou pour des confrontations entre prévenus.

NOUVEAU MECANISME DE PAIEMENT DES COLLECTIVITES LOCALES : Khalifa Sall parle de goulot d’étranglement
Pendant que les collectivités se plaignent de manque de ressources financières après la mise en place de l’Acte III de la décentralisation et réclament plus de ressources de la part de l’Etat central pour venir à bout de toutes les charges qui leur sont déléguées, une nouvelle disposition a été prise. Devant la barre, hier, lundi 12 février, le maire de Dakar, Khalifa Sall a fait savoir qu’il n’est plus du ressort de la municipalité, ni du percepteur de décider de payer les emprunts de la collectivité. Selon lui, c’est maintenant du ressort exclusif de la trésorerie publique. Donc, il renseigne que pour le paiement, «nous relevons entièrement du bon vouloir de l’Etat». Une disposition, à son avis, qui ne fait que causer des goulots d’étranglement aux collectivités locales. Pour lui, non seulement la trésorerie met du temps pour solder, ce qui induit forcément des pénalités, mais aussi les banques refusent de prêter à la ville de Dakar, leur demandant d’attendre que les choses se décantent (allusion faite au procès en cours). Ce qui crée une entrave au partenariat que la collectivité avait avec les banques, à l’en croire. Tout en se résignant sur le sort qui lui est réservé, d’autant plus qu’il le considère comme «politique», il a tout de même invité l’Etat à revoir cette disposition. Pour lui, «si c’est une expérience, il faut l’arrêter».

ALIMENTATION DE LA CAISSE D’AVANCE PAR DES FACTURES DE MIL ET RIZ : Me Moustapha Ndoye parle de fausses accusations
Appelant le prévenu Mamadou Oumar Bocoum à la barre, la robe noire de la défense, Me Moustapha Ndoye a voulu soutirer du codétenu de Khalifa Sall l’aveu selon lequel les faits qui lui sont reprochés, notamment de complicité avec les 7 prévenus, étaient faux. Il lui a ainsi demandé si dans les mandats que lui remettait le gérant de la caisse d’avance, Mbaye Touré, pour alimenter la caisse d’avance, il était question de factures de riz et de mils. Le prévenu, M. Bocoum a clairement indiqué que dans lesdits mandats qui servaient à ravitailler ladite caisse, il était juste mentionné que c’est pour les dépenses diverses. Pour lui, le sieur Mbaye Touré lui fournissait des justificatifs qui correspondaient au 30 millions qui ont été versés à la caisse. Il confirme en fait qu’il ne payait pas le Gie Tabar, mais que c’était le gérant de la caisse qui réglait sur la base de l’argent qui a été mis à sa disposition. Le percepteur persiste que l’alimentation de la caisse s’est faite sur la base de pièces régulières. Ce qui fait dire à la robe noire que le juge d’instruction poursuit, selon M. Bocoum, sur la base de fausses accusations, car il a alimenté la caisse sur une base légale. Donc, à son avis, les poursuites n’ont pas leur raison d’être.

PARTICIPATION DE L’ETAT DANS LES FONDS DE LA VILLE DE DAKAR : Antoine Félix Diome brandit des preuves
L’Agent judiciaire de l’Etat (Aje), Antoine Félix Diome veut coûte que coûte prouver que l’Etat a sa part dans les fonds de la ville, pour écarter l’idée soutenue par la défense selon laquelle les fonds mis en cause dans ce dossier sont exclusivement du patrimoine de la ville de Dakar. Convoquant des lettres reçues de la part de la Direction générale du Budget, du Payeur général du trésor, ainsi que de la Direction de tutelle du percepteur, Ibrahima Touré, l’Aje a avancé des sommes versées à la ville de Dakar. Concernant les ristournes, notamment les impôts recouvrés par l’Etat et versés par la Direction générale du budget à la ville de Dakar, entre 2011 et 2015, il révèle que la somme dépasse les 3 milliards. Il poursuit que le Payeur général du trésor informe, via une lettre, qu’entre 2011 et 2013, la ville de Dakar a reçu plus de 1 milliard provenant du recouvrement de la prime prélevée sur le salaire des agents de l’Etat et des communes. Invité à se prononcer sur ces différentes sommes issues de l’Etat, Ibrahima Touré a indiqué que l’argent versé par l’Etat peut payer toutes les rubriques, contrairement aux fonds de dotation et de concours que l’Etat remet aux collectivités pour des dépenses bien ciblées. Dans sa logique de vouloir démontrer que l’Etat a bel et bien des raisons de réclamer un préjudice dans cette affaire, Antoine Félix Diome informe que le Payeur général du trésor dit que, de 2012 à 2013, l’Etat a avancé plus d’un milliard à la ville de Dakar, qui n’a jusque là pas remboursé la somme.

FACTURES ELEVEES DE TELEPHONE DE LA VILLE DE DAKAR : Khalifa Sall s’explique
Interpellant le percepteur de la ville de Dakar sur les factures élevées de téléphone de la ville de Dakar, le procureur de la République, Bassirou Gueye a signalé que la ville fait journalièrement une facture téléphonique de 1 million, et de 3 millions par jour pour les heures supplémentaires. Des questions auxquelles le percepteur Ibrahima Touré n’a pu répondre. Profitant de son passage à la barre, le député Khalifa Sall a tenu à apporter des précisions sur la question, pour éclairer l’opinion en tant que personnalité publique. Il explique ainsi que cette facture de téléphone est aussi élevée à cause de l’internet à l’école, initiée en partenariat avec les écoles primaires de Dakar, ainsi qu’à cause de la prise en charge des feux tricolores de la ville. Il a, par ailleurs, précisé qu’aucun agent de la municipalité ne dispose de ligne de crédit et que tous les téléphones sont au gescompte.

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