Oumar Sarr boycotte le Pds

29 - Mai - 2019

Le Coordonnateur général du Parti démocratique sénégalais (Pds), par ailleurs Secrétaire général adjoint, a tenu à être présent à l’ouverture, hier, de la concertation nationale au Palais de la République. Comme il l’a précisé, il n’a pas été mandaté par son parti qui, dans un communiqué, a décidé de boycotter les assises. Il dit avoir pris ses ‘’responsabilités’’.

Une situation qui en dit long sur le degré de divergence interne dans ce parti, la cacophonie au sommet et surtout l’incohérence des positions qui sont souvent prises.
Le parti de Wade va manifestement à vau-l’eau. Ça se déchire de toute part. Il lui sera difficile de tenir debout après une telle implosion.
Car, après cette défiance d’Oumar Sarr, rien ne sera plus comme avant dans ses relations avec le Pape du sopi. Il va subir le même sort que Me Madické Niang et consorts, ‘’exclus’’ du parti parce qu’ayant adopté une position jugée séditieuse.
La question qui s’impose est la suivante : après tous ses départs, que restera-t-il du Pds ? Une question d’autant plus pertinente que le parti, depuis le début de l’affaire Karim Wade, adopte des positions qui ne font pas l’unanimité, ni en son sein ni au sein de l’opinion publique.
Il a été républicain en ne posant aucun acte de violence après l’emprisonnement de son candidat potentiel à la présidentielle, mais la lucidité s’en est arrêtée là. Tout le reste nous semble avoir été des erreurs de management d’une formation politique pourtant estampillée la plus importante du pays.
Le ‘’protocole de Qatar’’ a été la première erreur commise. L’exil de Karim l’a desservi et a desservi son parti qui, apparemment, a été coupé de sa tête, laissant la base dans l’expectative avec des contre-vérités permanentes sur son retour.
La second erreur a été de n’avoir pas choisi un Plan B, un candidat de substitution lors de la présidentielle de février 2019. Le fait pour le parti de dire qu’il va empêcher la tenue du scrutin alors qu’il sait qu’il n’en a pas les moyens politiques, a été une grosse bourde.
Et par ricochet, les déclarations tonitruantes de son fondateur et actuel Secrétaire général,la veille du scrutin, parlant de brûler des bureaux de vote,n’ont pas aidé le parti à se crédibiliser aux yeux de l’opinion.
Par la suite, la médiation d’Alpha Condé Président de la Guinée et le long silence de Wade ont fini par faire ‘’oublier’’ le parti au moment où les candidats malheureux à la présidentielle ont pris l’habitude de se réunir pour prendre des positions sur la vie politique nationale.
Le parti s’est ainsi mis en marge de la vie politique nationale, fait cavalier seul et réussi à s‘affaiblir. Car, du côté des cadres et militants, c’est le désarroi. Personne n’a compris pourquoi le parti n’a pas eu de candidat à la présidentielle et pourquoi Karim Wade reste toujours au Qatar.
Au niveau interne, Babacar Gaye a été le dernier à être démis de ses fonctions de porte-parole, après qu’il a donné une interview pour dire qu’il ne sera pas derrière un autre que Wade.
Comme quoi, les Sénégalais rêvaient de voir manifester le génie tant magnifié de Wade dans la gestion de cette crise. Il n’en est rien. Le Pape du sopi a montré qu’il n’a plus son dynamisme d’antan, même s’il garde l’obstination à vouloir mettre sur orbite son fils Karim contre vents et marrées.
Le Pds a ainsi perdu de sa superbe et il n’en restera que quelques fidèles pour attendre l’arrivée hypothétique d’un Karim qui héritera d’un parti en lambeaux.
C’est en effet regrettable que Wade ait laissé sa formation politique périr alors qu’il avait réussi à en faire un appareil dynamique et fécond.
La réalité est que cette formation politique va difficilement survivre à son fondateur.

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