Financement du système éducatif LES CANDIDATS A LA PRESIDENTIELLE SE DEVOILENT

06 - Février - 2019

Le financement du secteur de l’éducation et de la formation est resté le point central de la tribune offerte par la Cosydep aux différents candidats à la présidentielle 2019 pour partager leur vision de ce secteur. Une session nationale d’interpellation a été tenue hier, mardi, à Dakar et qui a permis de déceler des points de convergence dont l’introduction de l’enseignement religieux dans l’élémentaire, la suppression de certaines institutions mais aussi la réorganisation du monde de l’éducation.

Ils sont tous unanimes à insérer l’éducation religieuse dans le curriculum de l’éducation nationale. Les représentants des différents candidats à la présidentielle ont taillé une belle part à cette frange de l’éducation qu’ils comptent dérouler une fois au pouvoir. En passant par la coalition de Macky, Idy, Madické Niang, Sonko et Issa Sall, l’enseignement religieux figure dans leur programme de campagne. Un enseignement qui va pendre en charge l’introduction des «daaras» dans les écoles ainsi que les cours de catéchisme pour les Chrétiens. Un projet qui va permettre de lutter contre la mendicité des enfants mais qui va sans nul doute rétablir l’équité à savoir l’accès à une éducation pour tous.
Un autre point qui a trouvé l’adhésion de tous, la recherche de financement additionnel pour prendre en charge les différentes préoccupations des enseignants et de l’éducation. Ainsi, si la coalition de Macky Sall s’inscrit dans la continuité de son programme mis en place, les candidats Madické Niang et Ousmane Sonko comptent s’appuyer sur la suppression de certaines institutions qui «engloutissent» les fonds. Abdourahmane Diouf de la coalition « Idy2019 » mise sur le partenariat public-privé. « Un Etat se construit avec une légitimité. Nous allons travailler avec les Ong, les syndicats pour apporter notre pierre à la construction d’un système éducatif fort et dynamique».
Pour la prise en charge des accords déjà signés
Les représentants des différents candidats à la présidentielle de 2019 ont cherché à convaincre le monde de l’éducation sur la résolution du passif qui lie l’Etat aux enseignants. Des accords qui sont à l’origine de la non-stabilité du secteur depuis quelques années. Pour la coalition d’Idy, il y a lieu de mettre en place un conseil supérieur de l’éducation qui va proposer des solutions pour des sorties de crises. M. Diouf, représentant du candidat Idrissa Seck a aussi soutenu : « assainir le secteur implique la paix sociale mais aussi la justice. Et nous nous donnons une durée de deux ans pour résorber le passif des enseignants », Madièyna Mbodj de la coalition de Sonko est aussi du même avis que M. Diouf : «il faut pacifier le secteur et le stabiliser». Macké Guèye de Pur soulignera pour sa part : « ce n’est pas un problème de ressources qui se pose mais faire en sorte que les ressources allouées à l’éducation aillent à ce secteur. Toutefois, nous allons travailler sur la formation des enseignants tout en exigeant la formation disciplinaire de deux ans pour le primaire ».
Etendre l’offre de l’enseignement
Les représentants des candidats pour la présidentielle de 2019 ont partagé ainsi devant le monde de l’éducation leur vision. Pour l’offre de l’enseignement, ils ont reconnu que l’université ne peut pas absorber tous les bacheliers. Selon le programme de «Pur 100» il faut valoriser le système scolaire pour que les étudiants puissent rejoindre les écoles de métier. Et M. Diouf de renchérir, « mais aussi créer des situations intermédiaires aux bacheliers comme la formation professionnelle »
Le monde l’éducation sur la rencontre
Pour Cheikh Mbow, coordinateur de la Cosydep, cet exercice a pour objectif de recueillir les engagements des différents candidats mais des engagements réalistes, réalisables, documentés et pertinentes pour faire face aux maux dont souffrent le système scolaire sénégalais. Dans le domaine du financement, M. Mbow a avancé: « nous ne cesserons de le répéter que notre pays fait partie des pays qui sont champions en termes de ressources injectées, mais nous peinons à voir l’impact de cette manne financière pour le bien-être de l’école sénégalaise».
Et de poursuivre: «nous voulons que les candidats se prononcent sur une taxe dédiée à l’éducation à partir des ressources minières et gazières du pays. Il faut un dispositif de financement innovent qui nous permettra d’avoir un système éducatif beaucoup plus performant où nous aurons des enseignants plus engagés et plus motivés et des apprenants plus accompagnés ». Sur l’enrôlement des enfants des daaras et autres qui sont dans la rue dans le système éducatif, M. Mbow a déclaré : « il faut qu’il y ait, aujourd’hui, des engagements forts pour le droit à l’éducation et qu’il n’y ait plus d’exclus. Il n’est plus acceptable encore, en 2019, qu’il y ait encore 1 million 500 mille enfants hors école. Le droit à l’éducation est une question essentielle. Deuxième problématique posée sur la table des candidats par la Cosydep, c’est la stabilité du système. Tout le monde connait la relation dialectique qui existe entre la stabilité et l’amélioration des performances. Si nous voulons avoir un système éducatif performant où les enfants accèdent et réussissent, il est essentiel que la question de la pacification en lien avec la question enseignante puisse être adressée aux candidats ». Pour rappel, cette rencontre a été organisée par la Cosydep et l’Ong 3D.

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