Une diatribe pour toute réponse à la crise du multilatéralisme

24 - Septembre - 2025

Entre accusations incongrues, moqueries et contrevérités, le président des Etats-Unis, Donald Trump, s’est acharné, mardi, à New York, à décrédibiliser une institution, l’Organisation des Nations unies, qu’il a contribué à affaiblir.

Une nouvelle fois, Donald Trump a profité de la tribune qu’offre chaque année l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), mardi 23 septembre, à New York, pour dire tout le mépris que lui inspire cette incarnation d’un multilatéralisme en proie à des crises multiples. Il a même ajouté une nouvelle accusation incongrue en assurant que l’ONU alimentait celle de l’immigration incontrôlée. Donald Trump s’est aussi acharné sur les pays européens, accusés de passivité face à cette même immigration et coupables d’une défiance vis-à-vis des énergies fossiles qui heurte frontalement le négationnisme climatique et scientifique au pouvoir à Washington.

Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci.
La reproduction totale ou partielle d’un article, sans l’autorisation écrite et préalable du Monde, est strictement interdite.
Pour plus d’informations, consultez nos conditions générales de vente.
Pour toute demande d’autorisation, contactez syndication@lemonde.fr.
En tant qu’abonné, vous pouvez offrir jusqu’à cinq articles par mois à l’un de vos proches grâce à la fonctionnalité « Offrir un article ».

https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/24/une-diatribe-pour-toute-reponse-a-la-crise-du-multilateralisme_6642746_3232.html

Personne ne peut discuter le fait que l’Organisation des Nations unies va mal. Sa marginalisation et son impuissance dans les principales guerres en cours, en Ukraine, à Gaza ou au Soudan, sont là pour le rappeler quotidiennement, hélas. L’essor de groupements tels que les BRICS ou l’Organisation de coopération de Shanghaï témoigne d’ailleurs de la frustration des pays du Sud face à une organisation jugée incapable de se réformer, en grande partie du fait de la résistance de pays du Nord.

Donald Trump n’a pas manqué de railler, à New York, le dysfonctionnement d’un escalier mécanique et de son prompteur, deux reflets, selon lui, de l’état délabré de l’institution. Pour que l’allégorie ne soit pas mensongère, il aurait dû préciser que son pays, qui n’y dispose toujours pas d’un ambassadeur confirmé par le Sénat, a suspendu le versement de sa quote-part dès son retour à la Maison Blanche.

Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci.
La reproduction totale ou partielle d’un article, sans l’autorisation écrite et préalable du Monde, est strictement interdite.
Pour plus d’informations, consultez nos conditions générales de vente.
Pour toute demande d’autorisation, contactez syndication@lemonde.fr.
En tant qu’abonné, vous pouvez offrir jusqu’à cinq articles par mois à l’un de vos proches grâce à la fonctionnalité « Offrir un article ».

https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/09/24/une-diatribe-pour-toute-reponse-a-la-crise-du-multilateralisme_6642746_3232.html

S’interroger sur les raisons de cette paralysie revient vite, en effet, à souligner la part de responsabilité du pays qui a ouvert la voie à la primauté de la force sur le droit international lors de l’invasion de l’Irak, en 2003. Le même pays paralyse l’action d’un Conseil de sécurité qui n’est plus du tout le reflet du monde quand il s’agit d’Israël.
Contrevérités et obsessions

Lors de sa première intervention à cette tribune, en 2017, le président des Etats-Unis avait fait l’éloge de la souveraineté nationale, reprenant le slogan de « l’Amérique d’abord » qui l’avait porté au pouvoir. Il avait invité ses pairs à copier son exemple, sans parvenir à expliquer comment une somme d’intérêts particuliers et d’égoïsmes nationaux pourrait automatiquement favoriser le bien commun.

Cette impasse est apparue dans une lumière crue cette année. Sa diatribe, pénible à entendre, décousue, nourrie des contrevérités et des obsessions qui font l’ordinaire de ses discours de campagne, est advenue après une guerre commerciale lancée unilatéralement par Washington et qui a frappé une bonne partie de la planète. La leçon administrée le 23 septembre aux nations a fait également suite à la suppression brutale des programmes d’aide internationale par les Etats-Unis, dont les effets dévastateurs commencent à se faire sentir. Le dernier revirement de Donald Trump sur l’Ukraine, qu’il voit désormais capable de reprendre tout le terrain conquis par la Russie, ajoute à la confusion.

Autres actualités

14 - Mars - 2019

Enfants de djihadistes français, la redoutable équation

La question se posait depuis des mois, depuis que se dessinait la défaite militaire de l’organisation Etat islamique, acculée dans ses derniers bastions du nord de la Syrie :...

14 - Mars - 2019

Au Mipim, les villes britanniques tentent de conjurer l’effet Brexit

La City s’attend à perdre des entreprises et des emplois : l’incertitude va devenir notre nouvelle norme. » La voix est calme, mais l’inquiétude est...

13 - Mars - 2019

Sahara occidental : l’ONU convoque une deuxième table ronde en Suisse les 21 et 22 mars

Horst Kohler, l’émissaire des Nations unies pour le Sahara occidental, a envoyé des invitations au Maroc, au Front Polisario, à l’Algérie et à la...

13 - Mars - 2019

Bruxelles pose des conditions à un report du Brexit

Les négociateurs du Brexit, du côté des Européens, n’ont jamais pensé que le divorce entre le Royaume-Uni et le reste de l’Union serait un parcours...

12 - Mars - 2019

Le Congolais Jean-Pierre Bemba présente sa facture à la Cour pénale internationale

Jean-Pierre Bemba a présenté une note pour le moins salée à la Cour pénale internationale (CPI) : 68,6 millions d’euros, soit presque la moitié du...
']); _gaq.push(['_trackPageview']); (function() { var ga = document.createElement('script'); ga.type = 'text/javascript'; ga.async = true; ga.src = ('https:' == document.location.protocol ? 'https://ssl' : 'http://www') + '.google-analytics.com/ga.js'; var s = document.getElementsByTagName('script')[0]; s.parentNode.insertBefore(ga, s); })();