UCAD : un choix politique mortel

11 - Février - 2026

Ce qui s’est passé lundi à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar n’est pas un simple fait divers. C’est une tragédie nationale et un acte d’accusation contre l’État sénégalais. Un étudiant en médecine a perdu la vie lors d’affrontements entre forces de sécurité et étudiants réclamant le paiement de leurs arriérés de bourse. Il est mort pour avoir revendiqué un droit élémentaire. Cette réalité nous oblige à parler avec gravité, mais aussi avec fermeté.
Depuis des mois, les étudiants alertent sur des retards de bourse devenus insupportables. Ces bourses ne sont ni des privilèges ni des faveurs : elles constituent le minimum vital permettant à des milliers de jeunes de se nourrir, de se loger et d’étudier dignement. Face à cette détresse sociale, le gouvernement a choisi l’indifférence, puis la répression. À l’UCAD, le dialogue a été remplacé par la force.
En tant que citoyen engagé et responsable politique, je refuse toute tentative de dilution des responsabilités. Ce pouvoir est politiquement et moralement comptable de cette mort. Lorsqu’un État se dit incapable de payer des bourses à temps mais trouve immédiatement les moyens de déployer policiers et gendarmes contre des étudiants affamés, il fait un choix clair : celui de la force contre la justice sociale.
L’indécence atteint son paroxysme lorsqu’on observe les priorités budgétaires du régime. Ce même gouvernement a pu offrir 75 millions de francs CFA à chaque footballeur et membre du staff de l’équipe nationale, assortis de parcelles de 1 500 m². Il ne s’agit pas d’opposer les sportifs aux étudiants. Il s’agit de poser une question fondamentale : comment un État capable de distribuer des milliards en primes et en foncier peut-il prétendre ne pas avoir les moyens de payer quelques mois de bourse à ses étudiants ?
La réponse est évidente. Ce n’est pas un problème de ressources. C’est un choix politique cynique, qui privilégie le prestige, la communication et le spectacle au détriment de l’éducation, de la dignité et de la vie humaine. Ce pouvoir a choisi les stades plutôt que les amphithéâtres, les paillettes plutôt que les bibliothèques, les primes plutôt que les bourses.
Un étudiant en médecine — futur soignant, futur pilier de notre système de santé — est mort parce que l’État n’a pas assumé ses obligations les plus élémentaires. C’est un échec total : social, politique et moral. Aucune déclaration officielle, aucune condoléance de circonstance ne pourra effacer cette responsabilité.
Un pouvoir qui laisse mourir un étudiant parce qu’il réclame sa bourse a perdu toute légitimité morale pour parler d’avenir, de souveraineté ou de développement. La République a failli. L’État a trahi sa jeunesse.
Ce drame doit marquer un tournant. La vérité doit être faite, les responsabilités établies, et les priorités profondément réorientées. À défaut, ce régime s’inscrira dans la triste continuité de ceux qui, hier comme aujourd’hui, ont répondu aux revendications légitimes par la violence et à la détresse étudiante par l’irréparable.
Un étudiant est mort à l’UCAD.
Se taire serait une complicité. Oublier serait une trahison.


Ibrahima Thiam, Président du parti ACT

Autres actualités

02 - Novembre - 2019

Présumé détournement de deniers publics : 3 plaintes et 4 dénonciations planent sur la tête de Moussa Sy

C'est la guerre totale entre Moussa Sy, maire des Parcelles Assainies et ses conseillers municipaux. Réunis, autour d'un collectif de la défense des intérêts des...

02 - Novembre - 2019

Audience : Macky reçoit les maires de Kaffrine à l’exception de Yaya Sow

C’est à croire que le Chef de l’Etat ne pardonne toujours pas au député-maire de la Commune de Ribot Escale, Yaya Sow. Ce dernier a eu le tort de le critiquer,...

02 - Novembre - 2019

Saisie en 4 mois de 2.486 Kg de cocaïne d'une valeur de plus de 1.000 milliards FCFA

Le Sénégal est-il devenu une plaque tournante de la drogue ? La question ne se pose plus tellement que les grosses saisies se multiplient. En espace de quatre mois, 2.486...

02 - Novembre - 2019

Alioune Tine : « en votant contre Wade en 2012, on a surtout voté contre le 3ème mandat »

Un des symboles de la lutte du peuple contre le 3ème mandat de Me Abdoulaye Wade en 2011-2012, Alioune Tine alerte sur les dangers d’une éventuelle troisième...

02 - Novembre - 2019

Sénégal : la gendarmerie saisit 3.900 munitions de guerre à Pire

La gendarmerie sénégalaise a saisi 3.900 munitions de guerre destinées des groupes basés en Mauritanie, à Pire, une localité située à...
']); _gaq.push(['_trackPageview']); (function() { var ga = document.createElement('script'); ga.type = 'text/javascript'; ga.async = true; ga.src = ('https:' == document.location.protocol ? 'https://ssl' : 'http://www') + '.google-analytics.com/ga.js'; var s = document.getElementsByTagName('script')[0]; s.parentNode.insertBefore(ga, s); })();