Ousmane Sonko, Premier ministre : une responsabilité à assumer pleinement

12 - Février - 2026

Je constate qu’Ousmane Sonko installe, jour après jour, une pratique du pouvoir qui remet en question le fonctionnement même de l’exécutif. Il incarne un chef de gouvernement qui, face aux difficultés, s’écarte systématiquement de la responsabilité collective. Dès qu’une controverse administrative éclate, qu’une réforme tarde à se concrétiser ou qu’une tension sectorielle surgit, sa réaction semble toujours la même : désigner un ministre, pointer une défaillance individuelle, évoquer une insuffisance technique. Cette habitude de la désignation publique n’est pas neutre. Elle brise un principe fondamental de tout régime gouvernemental digne de ce nom : la solidarité.
Dans notre système institutionnel, le Premier ministre n’est ni un simple observateur ni un commentateur de l’action publique. Je rappelle qu’il a pour mission de définir les priorités, d’arbitrer les divergences, de valider les orientations stratégiques et de coordonner l’action de ses ministres. Autrement dit, il porte la responsabilité politique de l’ensemble. Lorsqu’il obtient des résultats positifs, il est légitime qu’il revendique la cohérence de sa ligne. Mais lorsqu’il y a des dysfonctionnements, il ne peut se placer audessus de la mêlée, comme si ces décisions avaient été prises en dehors de son autorité.
En multipliant les désaveux publics, Sonko affaiblit deux piliers essentiels. D’abord, l’autorité de ses ministres : comment peuvent-ils incarner la continuité de l’État s’ils savent qu’ils risquent d’être publiquement exposés au moindre faux pas ? Ensuite, la crédibilité du pilotage gouvernemental. Si les erreurs sont répétées et toujours attribuées à des individus, cela signifie soit que le chef ne maîtrise pas son équipe, soit qu’il refuse d’assumer les conséquences des choix collectifs. Dans les deux cas, c’est la solidité de l’exécutif qui est remise en cause.
Cette posture révèle une vision personnalisée du pouvoir : la réussite serait le fruit d’un leadership central, tandis que les échecs seraient imputables aux exécutants. Pourtant, gouverner ne consiste pas à préserver une image en distribuant les blâmes. Je considère que cela implique d’assumer une vision, de corriger en interne, d’arbitrer avec fermeté et, si nécessaire, de procéder à des remaniements clairs plutôt que d’instaurer un climat permanent de suspicion.
Au-delà des individus, c’est la méthode qui pose problème. Un gouvernement fragilisé de l’intérieur perd en cohérence, en efficacité et en autorité. Les administrations hésitent, les initiatives ralentissent, et la décision se dilue dans la crainte du désaveu. La solidarité gouvernementale n’est pas un réflexe corporatiste ; elle est le fondement de la stabilité institutionnelle.
Le pays n’a pas besoin d’un Premier ministre qui commente l’action de ses ministres comme s’il en était détaché. Il a besoin d’un chef qui assume pleinement son bilan. Car en démocratie, la responsabilité n’est pas divisible : elle est indivisible et remonte toujours au sommet.


Ibrahima Thiam, président du parti ACT

Autres actualités

20 - Novembre - 2025

Conseil des ministres: Le PM présente les grandes orientations du Gouvernement en matière de politique mémorielle

Lors du Conseil des ministres de ce 19 novembre 2025, le Premier Ministre Ousmane Sonko a fait une communication sur les orientations du Gouvernement en matière de politique...

20 - Novembre - 2025

Diffusion de données personnelles : un membre de la coalition "Diomaye Président" porte plainte contre Mame Diarra Fam

La publication sur Facebook de messages internes au groupe WhatsApp de la coalition "Diomaye Président" a des suites judiciaires. Ibrahima Cissokho, leader du mouvement "Mon Pays Mon...

19 - Novembre - 2025

Hivernage 2025 : les germes d’une bonne moisson

En attendant le démarrage officiel de la campagne de commercialisation prévu avant la fin du mois de novembre, comme annoncé par le chef de l’État en conseil des...

19 - Novembre - 2025

L’ANSD travaille à une désagrégation des statistiques jusqu’aux échelles régionale et départementale (DG)

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) travaille, depuis quelques années, à une désagrégation des données statistiques...

19 - Novembre - 2025

Budget 2026 : hausse de plus 117 milliards sur les autorisations d’engagement pour Mabouba Diagne

Pour la gestion 2026, le projet de budget du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage 2026 (MASAE) est arrêté...
']); _gaq.push(['_trackPageview']); (function() { var ga = document.createElement('script'); ga.type = 'text/javascript'; ga.async = true; ga.src = ('https:' == document.location.protocol ? 'https://ssl' : 'http://www') + '.google-analytics.com/ga.js'; var s = document.getElementsByTagName('script')[0]; s.parentNode.insertBefore(ga, s); })();