Macky ouvre les hostilités :La Société civile au banc des accusés

15 - Novembre - 2018

Pour paraphraser l’italien Antonio Gamsci de Toscane d’Italie qui, selon certains, a inventé le concept, la Société civile est cette frange de la population non politisée au sens partisan du mot et qui aspire à avoir un droit de regard sur la marche de la cité.

Bien sûr, cette approche n’engage que moi.

Dans l’entendement de Gramsci, ‘’la société civile’’, c’est-à-dire ‘’les forces culturelles (l’Université, l’Eglise, les intellectuels et artistes, les media) par lesquelles la classe sociale au Pouvoir essaie d’obtenir l’adhésion, le consentement, le consensus’’, s’oppose à la ‘’société politique’’, c’est-à-dire ‘’l’Etat au sens étroit du terme – comprenant les forces de coercition physique (l’armée, la police, la justice) et des organes de formation du droit (la bureaucratie, le Parlement, le Gouvernement) – appareils par lesquels la classe sociale au Pouvoir assure sa domination’’.

Aujourd’hui, par un glissement sémantique et conceptuel, mais qui ne dénature guère le sens originel, on parle d’organisation de la société civile par opposition justement aux mouvements et partis politiques.

Ainsi, cette société civile est censée être ‘’apolitique’’ bien sûr, ou elle est à équidistance des formations politiques. D’où l’attaque frontale de Macky contre cette société civile qu’elle accuse justement d’avoir trahi son but original et de s’engager aux côtés des formations politiques de l’opposition.

Ces dernières dégagent en touchent. Amnesty Sénégal, particulièrement visée, et le Forum Civil, ne sont pas de cet avis. Elles pensent que la société civile est dans son rôle.

Au demeurant, certains analystes contactés par les médias dénoncent tout de même la trop grande propension de cette société civile à critiquer le régime de Macky Sall. D’où l’intérêt d’un tel débat.

Il faut préciser, d’emblée, que la société civile dont il s’agit est devenue une puissante machine du point de vue organisationnelle, souvent à l’échelle nationale et internationale.

Or, le sens de son existence tourne justement autour du concept de ‘’contre-pouvoir’’. Cette société civile, professionnalisée parce qu’organisée et dynamique, ne s’intéresse qu’à ce qui ne marche pas dans le souci justement de pousser les autorités étatiques à réorienter leurs gouvernails, et en permanence.

Il ne s’agit pas donc de lui demander, parfois, de féliciter un Etat parce qu’il fait ce dont pourquoi il a élu. Le temps manque pour cela tant les défis sont énormes. Il y a d’autres institutions qui s’occupent de la communication gouvernementale et le font assez bien.

Ce sont donc des organisations qui jouent le rôle d’alerte et de veille, mieux de pression. En conséquence, elles ne sont tendres avec aucun régime.

Cela signifie, en clair, que le jour où la société civile comme on l’a vu avec certaines organisations de nos jours au Sénégal, commencera à flirter avec le régime en place, elle perdra de sa crédibilité.

C’est pourquoi le Président Sall gagnerait à faire d’elle des baromètres sérieux de la pertinence de son action. Car, les opposants vont eux critiquer à tout-va alors que ses partisans vont le féliciter à tout bout de champ.

Il n’y a donc que la Société civile, y compris les organes de presse, qui peuvent aider les autorités à y voir clair dans leur action de tous les jours.

C’est dire que critiquer la société civile est un indice grave d’énervement de la part des tenants du pouvoir. Si le bilan est positif, personne ne pourra le ternir. S’il est négatif, personne ne pourra l’embellir.

Que chacun joue son rôle sans que l’autre y voie une menace à sa propre existence.

Si Macky n’apprécier pas Seydi Gassama et le fait savoir publiquement, ce sera une forme de promotion pour ce dernier qui aura largement ainsi honoré ses engagements à la tête de son organisation.

Surtout s’il travaille dans un environnement où la plupart des membres de la société civile ont rejoint le pouvoir et lui tresse les lauriers.

Ce que Macky doit savoir, c’est que tout le monde ne peut pas être au garde-à-vous dans un Etat.

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