La politique politicienne au Sénégal est parfois incompréhensible

12 - Décembre - 2025

Je ne peux que constater, avec une certaine perplexité, que la scène politique sénégalaise se distingue parfois par des contradictions si profondes qu’elles défient toute logique institutionnelle. Même l’observateur le plus averti peine à saisir certaines postures, pourtant adoptées par des personnalités occupant les plus hautes fonctions de l’État.
Que retenir, par exemple, de l’acharnement d’un Premier ministre en exercice contre une alliée politique, collaboratrice directe du Président de la République ? Comment expliquer une virulence aussi marquée envers une personnalité qui, non seulement ne mène aucun combat contre le chef du gouvernement, mais reste pleinement engagée dans la majorité présidentielle et son projet ? Une telle attitude interroge, au-delà de la simple cohérence politique, la stabilité même de l’action gouvernementale.
Les paradoxes ne s’arrêtent malheureusement pas là. Il est troublant de voir ce même Premier ministre, dont l’inéligibilité passée reposait sur un rapport inexistant, brandir aujourd’hui le contenu d’un rapport confidentiel de l’Inspection Générale d’État (IGE). Une démarche qui, outre la contradiction personnelle, soulève une question bien plus grave : celle du respect des normes et des procédures étatiques.
L’État n’est pas un espace d’improvisation. Il se fonde sur des règles, des institutions et des principes qui garantissent son bon fonctionnement. Si ces normes sont jugées imparfaites, il existe une voie républicaine pour les réformer. Mais ce qui est inacceptable, c’est de les violer délibérément, surtout lorsque l’on est précisément chargé de les faire respecter.
La gouvernance exige rigueur, humilité et compétence. Face à l’incertitude ou au doute, la solution la plus responsable reste de s’entourer d’experts, d’écouter ceux qui maîtrisent les textes, les institutions et les procédures. Voilà ce que devrait être le leadership. Voici ce que commande le sens de l’État.
À l’heure où le Sénégal aspire à consolider son État de droit, il est urgent d’identifier et de dénoncer les comportements qui relèvent davantage de la politique politicienne que de la responsabilité institutionnelle. Car la crédibilité de nos institutions dépend, avant tout, de ceux qui les incarnent.


Ibrahima Thiam Président du parti ACT

Autres actualités

12 - Décembre - 2025

Communiqué du Conseil des ministres du 11 décembre 2025

Le Conseil des Ministres s’est tenu exceptionnellement le jeudi 11 décembre 2025, sous la présidence de Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Président...

08 - Décembre - 2025

Ousmane Sonko met fin aux spéculations sur son éligibilité : « Rien ne peut m’empêcher d’être candidat »

Le leader du parti Pastef, Ousmane Sonko, a profité de la Journée des Martyrs pour annoncer non seulement la relance officielle des activités de son parti, mais aussi pour...

08 - Décembre - 2025

Baisse des prix des carburants : tout le monde est content sauf…

«J’avoue que je suis déçu.» C’est par cette phrase que le président de l’Association sénégalaise des pétroliers (ASP),...

08 - Décembre - 2025

Ministère des Forces armées : Une hausse de 23 milliards de FCfa pour renforcer la sécurité

Adopté le samedi 6 décembre, le budget du ministère des Forces armées pour l’année 2026 a connu une hausse de 23 milliards de FCfa. Une enveloppe qui,...
']); _gaq.push(['_trackPageview']); (function() { var ga = document.createElement('script'); ga.type = 'text/javascript'; ga.async = true; ga.src = ('https:' == document.location.protocol ? 'https://ssl' : 'http://www') + '.google-analytics.com/ga.js'; var s = document.getElementsByTagName('script')[0]; s.parentNode.insertBefore(ga, s); })();