Karim traîne le Sénégal devant la Cedeao

10 - Décembre - 2018

Après que le Comité des droits de l’homme des Nations-Unies a émis un avis défavorable au Sénégal sur l’affaire Karim Wade dont il juge que les droits n’ont pas été respectés, le fils de l’ancien Président a, selon Jeune Afrique, saisi la Cour de justice de la Cedeao.

Par ce recours, le requérant entend ainsi faire respecter ses droits d’être inscrit sur les listes électorales, conformément aux stipulations de L31 du Code électoral qui en font une obligation pour voir sa candidature acceptée par le Conseil constitutionnel.

Bien sûr, après moult péripéties, c’est là le recours de la dernière chance pour le candidat du Parti démocratique sénégalais (Pds).

Karim qui entendait rentrer au bercail ce 11 décembre, d’après certains de ses proches, veut s’entourer de toutes les garanties pour être sûr qu’il sera bel et bien le candidat de son parti.

Si le recours est recevable et tout indique que ce sera le cas, le fils de Wade va fonder sur les juges de la Cedeao d’immenses espoirs. La Cour pourrait aussi ordonner que ses droits électoraux soient respectés. Et le Sénégal sera ainsi tenu de s’exécuter, même si, par ailleurs, cela n’a rien à voir avec la contrainte par corps à laquelle il peut être soumise si l’on en juge les déclarations de hauts responsables de la République, s’il rentrait au bercail.

Bien sûr, la Cour peut, aussi, débouter Karim et ce ne serait pas la première fois dans cette affaire.

C’est en effet la énième saisine de la Cour de justice de la Cedeao. Certaines décisions favorables, d’autres non.

En tout état de cause, nous saurons, dans quelques jours, si la candidature de Karim Wade sera une réalité ou un rêve. L’homme vient de déposer sa caution de 30 millions à la Caisse de dépôt et de consignation (Cdc).

Aujourd’hui, s’arrête la collecte de signature pour le parrainage, les choses sérieuses vont bientôt commencer. On connaitra, sous peu, qui est candidat et qui ne l’est pas.

Car ceux dont les listes de parrainage auront été rejetées ne pourront pas ainsi prétendre à être valablement candidats.

Karim tente ainsi son dernier essai légal. S’il perd, il sera obligé ou de se soumettre ou de tenter de faire bloquer le processus électoral, comme menacent de le faire ses partisans.

Le pire, maintenant, pour le Sénégal ou pour Karim, est de passer outre la décision de la Cedeao.

Si en effet Karim perd dans le fond parce que la Cedeao a estimé qu’il aura tort, il devra se plier à cette décision et reconsidérer ses ambitions présidentielles.

Car, on ne peut pas vouloir l’arbitrage d’une Cour et n’estimer se conformer que si la décision vous est favorable.

A contrario, si l’Etat du Sénégal est condamné, il devra créer les conditions de l’inscription sur les listes électorales du candidat en question. Le Ministère de l’Intérieur ne devra plus s’y opposer comme cela avait été le cas le 02 juillet dernier.

Qu’est-ce à dire ? Eh bien, cela veut dire que ‘’l’arbitrage’’ de la Cedeao qui est ainsi sollicité doit mettre un terme à la polémique sur la candidature de Karim Wade.

C’est pourquoi, la Cour doit non seulement prendre très au sérieux ce recours, mais bien appréhender sa mission de régulation et d’apaisement du jeu politique sénégalais soumis à des risques de troubles.

La Cour doit saisir l’occasion pour que le droit soit dit, dans son esprit et sa lettre.

En conséquence, sa décision doit satisfaire toutes les parties qui, à défaut, pourraient se retrouver dans le collimateur de la communauté internationale.

Etre légaliste, c’est non seulement savoir saisir les cours et tribunaux, mais aussi savoir respecter leurs verdicts.

Donc, la balle est dans le camp de la Cedeao et des deux parties au conflit auxquelles s’imposent les décisions de la Cour.

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