Cas Karim et Khalifa: Après la grâce conditionnelle, l’amnistie conditionnelle

13 - Novembre - 2018

Le Président Macky envisagerait, selon l’hebdomadaire panafricain Jeune-Afrique, d’amnistier Karim Wade et Khalifa Sall. Mais, d’après nos confrères, celles-ci sont assujetties à une condition : C’est qu’il soit réélue en 2019.

En clair, cela veut dire que ces supposées amnisties vont intervenir après la présidentielle de 2019 et que ni Karim Wade ni Khalifa Sall ne vont participer à ces joutes électorales.

Bien sûr, les réactions ne sont pas fait attendre dans les deux camps concernés. Les proches de ces leaders rejettent en bloc cette volonté attribuée au Chef de l’Etat.

Moussa Taye, le Conseiller politique de Khalifa Sall ; l’a bien signifié : ‘’Khalifa Sall ne veut ni d’une amnistie ni d’une grâce’’.

Même son de cloche au niveau du Parti démocratique sénégalais (Pds) où Me Amadou Sall par exemple estime que Macky cherche à les amadouer.

En tout état de cause, si c’est Macky qui a fait une telle déclaration, ce serait un aveu de taille, celui de sa volonté toujours soupçonnée de neutraliser ses adversaires par des poursuites judiciaires ciblées.

Ce scénario de la grâce de ces derniers après la présidentielle a déjà été envisagé par nombre d’observateurs et analystes qui n’ont jamais manqué d’anticiper sur la volonté des autorités politiques de l’Etat de chercher à éviter que Karim et Khalifa ne soient candidats.

Or, si ces propos prêtés au Chef de l’Etat sont vraiment les siens, cela contribuerait à corroborer les craintes ainsi exprimées.

Car, après la ‘’grâce conditionnelle’’ qui a été celle concédée à Karim Wade, l’autre trouvaille de Macky, c’est l’’’amnistie conditionnelle’’. Bien sûr, tout ceci est condamnable en droit.

D’autant plus que (comble de l’hérésie), le Président n’amnistie pas. C’est l’Assemblée nationale qui vote la loi d’amnistie même si la proposition vient du Gouvernement.

En principe, l’Assemblée est souveraine et peut décider de voter une loi d’amnistie ou de la rejeter. Donc, Macky ne peut dire qu’il amnistie, ce serait maladroit.

Bien sûr, on me rétorquera que compte tenu de la majorité mécanique à l’Assemblée, une loi soumise par le Président va passer comme lettre à la poste, mais on doit savoir que nous sommes dans une République et la séparation des pouvoirs est un principe sacré qui garantit le bon fonctionnement du mécanisme institutionnel.

Donc, le Président pouvait simplement dire qu’il va demander à l’Assembler de voter une loi d’amnistie.

L’autre maladresse, c’est que la procédure concernant Khalifa Sall n’est pas épuisée. On ne peut pas amnistier une personne alors que la procédure le concernant est en cours. C’est aller vite en besogne que de laisser entendre que Khalifa Sall ne pourra pas voir son verdict casser par la Cour suprême. Car, c’est également une des significations de la supposée déclaration du Chef de l’Etat.

C’est dire qu’en dehors de la maladresse sur le plan politique, celle concernant les procédures judiciaires et parlementaires d’une telle sortie sont tout aussi flagrantes.

Qu’à cela ne tienne, l’élégance républicaine a été déjà bafouée. La révélation de Jeune-Afrique assez gênante par ailleurs, rend compte du fait que Macky ne souhaite nullement que Khalifa et Karim soient candidats. Pis, cela signifierait qu’il redoute leurs candidatures et qu’il a tout fait pour qu’ils soient inéligibles.

Malheureusement, cela voudra également dire que la Justice a été instrumentalisée, à dessein.

C’est dire qu’il est important que la Présidence nous édifie sur la véracité ou non de tels propos qui sèment le doute dans l’esprit de beaucoup de Sénégalais.

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