Budget 2026 : le ministère de la Santé mise sur la prévention, la digitalisation et le relèvement du plateau technique

04 - Décembre - 2025

L’Assemblée nationale a examiné et adopté le projet de budget 2026 du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, arrêté à 274,28 milliards FCFA en autorisations d’engagement et 217,27 milliards FCFA en crédits de paiement.

Défendu par le ministre Ibrahima Sy, ce budget s’inscrit dans une dynamique de transformation du système sanitaire, avec un accent particulier sur la prévention, la digitalisation, le relèvement du plateau technique et la réforme hospitalière. Le ministère entend ainsi répondre aux nombreux défis mis en évidence lors de l’examen budgétaire, tout en poursuivant les efforts engagés en 2025.

Le budget repose sur trois grands programmes, dont le pilotage, la coordination et la gestion administrative pour 58,3 milliards FCFA, la prévention et la promotion de la santé pour 23,9 milliards FCFA, et enfin l’offre de soins de qualité, qui concentre la plus grande part avec 191,97 milliards FCFA. Ces enveloppes couvrent à la fois les dépenses de personnel, les acquisitions de biens et services, les transferts courants et les investissements, qui demeurent essentiels à l’amélioration durable du système sanitaire sénégalais.

Le ministre Ibrahima Sy a annoncé une série d’actions en cours, notamment l’acquisition de six scanners, la distribution d’une centaine d’ambulances depuis 2024 et l’achèvement des chantiers de plusieurs établissements publics de santé, dont l’hôpital de Tivaouane qui ouvrira progressivement. Il a également annoncé l’amélioration du plateau technique dans divers domaines, dont la radiothérapie, avec la mise en route de l’accélérateur de l’hôpital Le Dantec, et une meilleure prise en charge au niveau du centre national d’oncologie, dont les travaux avancent. Le ministère a aussi prévu de renforcer les laboratoires d’analyses médicales et de régler des dysfonctionnements structurels, comme ceux liés à l’ouverture du poste de santé de Liberté 2 ou à la gouvernance de certaines structures.

La digitalisation occupe une place centrale dans la stratégie sanitaire. Le ministre a affirmé que l’objectif de 300 000 dossiers patients informatisés est déjà atteint à 73 %, un taux qui devrait encore progresser avant la fin de l’année 2025. Cette modernisation vise à améliorer l’efficacité, la traçabilité, les recettes des structures sanitaires et la transparence de la gestion. En parallèle, plusieurs réformes sont engagées, notamment la révision du Code de la Santé, l’actualisation de la carte sanitaire et une réforme hospitalière destinée à harmoniser les tarifs, renforcer la gouvernance et aligner les prestations sur les besoins réels des populations.

Le ministre a annoncé qu’un décret d’avance est en cours pour résorber les retards de paiement et a assuré que les critères d’ouverture des officines ont été révisés, avec de nouvelles sessions d’attribution programmées. Il a également insisté sur la nécessité de mieux structurer la médecine traditionnelle et de poursuivre la lutte contre les médicaments de la rue. À ce titre, il a rappelé que 4,2 milliards FCFA de faux médicaments ont été saisis entre 2024 et 2025, grâce au travail conjoint du ministère et des forces de sécurité.

Sur le plan financier, le ministre des Finances, Cheikh Diba, a appelé à repenser les mécanismes de financement de la santé, estimant que les ressources budgétaires, même en hausse, ne suffiront pas à répondre aux besoins croissants du secteur. Il a plaidé pour une intégration plus forte des investissements privés, soulignant que le secteur pourrait mobiliser près de 1 000 milliards FCFA supplémentaires si les conditions étaient réunies. Il a également précisé que la baisse apparente du budget résulte surtout du transfert de certains programmes vers d’autres ministères, notamment la protection sociale et les infrastructures, et qu’en réalité les crédits de la santé ont augmenté d’environ 38,6 milliards FCFA.

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