Rwanda : non-lieu dans l’enquête sur l’attentat qui a déclenché le génocide de 1994

26 - Décembre - 2018

La perspective d’un procès sur l’événement déclencheur du pire crime de masse de la fin du XXe siècle est – pour le moment – écartée. Les juges d’instruction chargés de l’enquête sur l’attentat perpétré contre le chef d’Etat rwandais Juvénal Habyarimana ont rendu une ordonnance de non-lieu, éloignant la perspective d’un procès sur cet épisode, a appris l’Agence France-Presse (AFP) mercredi 26 décembre.

Le 6 avril 1994, Juvénal Habyarimana, alors président de la République rwandaise, issu de la communauté hutu, était tué par un tir de missile contre l’avion présidentiel. L’épisode marquait la première phase d’un coup d’Etat qui déclenchera le génocide des Tutsi du Rwanda (800 000 morts selon l’Organisation des Nations unies) et la reprise de la guerre civile dans le pays. Objet de multiples enquêtes, les circonstances de cet assassinat politique et notamment l’identité de ses commanditaires restent entourées de mystère.
Dossier empoisonné

En France, une information judiciaire avait été ouverte en 1998 après la plainte des familles de l’équipage, composé de Français. Le premier juge saisi, Jean-Louis Bruguière, avait privilégié l’hypothèse d’un attentat commis par des soldats de l’ex-rébellion tutsi du Front patriotique rwandais (FPR), dirigé par Paul Kagame, devenu président en 2000. Closes une première fois, les investigations avaient été relancées en 2016 mais se sont heurtées à une série d’obstacles avant d’être définitivement bouclées en décembre 2017. Depuis plus de vingt ans, ce dossier empoisonne les relations entre Paris et Kigali, sur fond de débat quant aux responsabilités françaises à l’époque du génocide.

Le parquet de Paris avait réclamé en octobre dernier l’abandon des poursuites engagées contre des proches de l’actuel président rwandais, Paul Kagame, qui risquaient d’être renvoyés devant une cour d’assises. Les juges d’instruction ont suivi ces réquisitions. Dans cette ordonnance rendue le 21 décembre, les magistrats expliquent prendre cette décision « en l’absence de charges suffisantes », a précisé la source judiciaire à l’AFP. L’information judiciaire avait initialement été ouverte pour « assassinat et complicité d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste », ainsi que pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ». Philippe Meilhac, avocat de la veuve de l’ex-président, Agathe Habyarimana, a annoncé à l’AFP que les parties civiles allaient faire appel de cette ordonnance.

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