Présence française au Sahel : sortir de l’impasse

27 - Novembre - 2019

Il y a bientôt sept ans, en janvier 2013, François Hollande avait pris l’initiative d’envoyer les soldats français afin d’empêcher les groupes islamistes opérant dans le nord du Mali de prendre le contrôle du pays. Il y avait alors des vivats, inattendus, de la foule pour acclamer à Bamako les militaires de l’ancienne puissance coloniale et des applaudissements, un peu honteux, de la part des gouvernants africains. Ces derniers n’avaient pas été capables de chasser des djihadistes venus à l’origine des maquis algériens, enkystés dans le désert du septentrion malien. A Paris, cette intervention extérieure bénéficiait d’un large soutien politique. Le triomphe semblait alors total, tant pour l’armée française que pour l’exécutif.

Le choc provoqué par la mort au combat de treize soldats français, lundi 25 novembre, dans une collision d’hélicoptères au Mali, n’est pas le meilleur moment pour remettre en cause le bien-fondé de l’opération « Barkhane », à laquelle ils participaient, mais il ne peut que susciter des questions sur les objectifs poursuivis par la France et la stratégie retenue pour les atteindre. Si le but de « stabilisation politique et économique » de la région avancé par le premier ministre, Edouard Philippe, n’est pas discutable, force est de constater que la présence de 4 500 soldats français n’a pas permis de l’atteindre seule. Les groupes djihadistes n’ont pas pris le pouvoir à Bamako, mais ils ont essaimé dans la sous-région, du Niger au Burkina Faso, jusqu’aux confins de la Côte d’Ivoire, au cœur de l’Afrique francophone. Par milliers, des civils et des soldats des armées africaines en ont été victimes.
Immenses défis

Face à des gouvernements secoués par de réguliers scandales de corruption, incapables de répondre aux besoins minimaux des populations, dont celui, fondamental, de sécurité, face à des armées inopérantes et peu regardantes sur l’éthique, le discours de pureté tenu par les djihadistes, leur promesse de protection et de financement, reçoivent un réel écho parmi les populations marginalisées. Ainsi, les islamistes armés ont réussi à s’enraciner au Sahel, à y exploiter les vieilles rivalités, notamment celle entre cultivateurs et pasteurs, pour les transformer en haines vengeresses.

La dégradation sécuritaire en dépit de la présence de milliers de militaires étrangers, les promesses de financements internationaux qui n’arrivent pas, l’incapacité des dirigeants à exercer leur autorité sur toute l’étendue du territoire amènent désormais une partie des opinions locales à conspuer ouvertement l’action de la France.

Autres actualités

29 - Novembre - 2019

En Irak, l’ayatollah Ali Sistani appelle le Parlement à retirer sa confiance au gouvernement

Le très influent grand ayatollah Ali Sistani a appelé le Parlement irakien, dans son sermon vendredi 29 novembre, à retirer sa confiance au gouvernement, au lendemain...

29 - Novembre - 2019

Moscou offre des armes au Gabon pour lutter contre les braconniers

Le ministère russe de la défense a annoncé avoir livré gratuitement des armes au Gabon afin d’aider ce pays à lutter contre les braconniers et...

28 - Novembre - 2019

Téhéran accuse la CIA d’être responsable des émeutes en Iran

Le guide suprême d’Iran, Ali Khamenei, l’a affirmé, mercredi 27 novembre. L’Iran, a-t-il déclaré, a mis en échec « un complot très...

28 - Novembre - 2019

La Corée du Nord tire deux projectiles non identifiés

Au moment où les négociations sur le nucléaire entre Pyongyang et Washington sont dans l’impasse et où les Etats-Unis fêtent Thanksgiving, la Corée...