Plan américain pour l’Ukraine : « La Russie utilise la diplomatie comme une arme de guerre »

25 - Novembre - 2025

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Le chercheur et journaliste britannique Peter Pomerantsev, né à Kiev, est l’auteur de deux ouvrages de référence sur la propagande russe, dont Rien n’est vrai tout est possible. Aventures dans la Russie d’aujourd’hui (Saint-Simon, 2015). Il décrypte le « plan de paix » américain pour l’Ukraine.
La confusion règne quant à l’origine de ce plan, très favorable à Moscou. S’agit-il d’un « plan de paix » ou d’une opération d’influence russe ?

La conception russe de la diplomatie est très différente de la nôtre. La Russie utilise la diplomatie comme une arme de guerre à part entière. Regardez ce qu’ils ont fait en Syrie : négocier, négocier, bombarder, bombarder, négocier. C’est typique, chez eux. Ils combinent toujours action militaire, opérations de renseignement, opérations informationnelles et diplomatie. C’est un tout. Nous, nous distinguons un « plan de paix » d’une opération d’influence, alors que, pour les Russes, c’est très lié.

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Les Russes donnent toujours l’impression que c’est notre faute [si les négociations de paix échouent], ce qui est assez facile, car il y a des points de vue très différents [en Europe]. Et, pendant ce temps, ils progressent sur le champ de bataille et augmentent la pression militaire. Voilà leur méthode. A cela s’ajoute une sorte de bataille politique interne aux Etats-Unis, où c’est très chaotique.
Quel rôle jouent les médias dans les opérations d’influence russes ?

Ce que les médias ratent parfois, c’est l’intention d’une opération d’influence. Le meilleur exemple remonte à 2016, quand les médias américains ont utilisé les fuites diffusées par Julian Assange [le fondateur de WikiLeaks] pour amplifier les histoires contenues dans des documents piratés par les Russes sur ce que Hillary Clinton [alors candidate à l’élection présidentielle américaine] aurait mal fait.

Dans le cas présent, il est difficile d’ignorer le contenu du plan, car c’est important. Mais, en tant que médias, nous devons toujours faire une sorte de méta-analyse : qui fait ça ? Pourquoi ? Que se passe-t-il sur le champ de bataille ? A-t-on le moindre signe que les Russes veulent un cessez-le-feu ? Là, il n’y a aucun signe.

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