Crise du poisson à Kaffrine : Prix exorbitants et désespoir des familles en plein Ramadan

20 - Mars - 2025

À Kaffrine, le Ramadan 2025 rime avec une crise alimentaire qui frappe de plein fouet les ménages. Sur les marchés, le poisson, pilier de l’alimentation locale, se fait rare et hors de prix. En cause : un manque criant d’infrastructures de conservation qui exacerbe une situation déjà tendue.

Un marché aux étals clairsemés

Il est midi passé au marché central de Kaffrine. Sous un soleil écrasant, les étals, d’ordinaire débordants de poissons frais, ne proposent que quelques bassines à moitié pleines. L’odeur iodée a cédé la place à une atmosphère pesante. Ibrahima, mareyeur bien connu, ne cache pas son désarroi : « On est démunis. Le poisson arrive en trop petite quantité des côtes, et sans chambres froides ici, on doit tout vendre dans la journée. Sinon, c’est perdu. »

Pour lui, ce problème structurel, jamais résolu, est au cœur de la crise. « Avec la forte demande du Ramadan, on vend cher quand il y en a, mais souvent, il n’y en a pas assez pour tous », explique-t-il. Les pertes potentielles poussent les mareyeurs à gonfler les prix, rendant ce produit de base inaccessible à beaucoup.

Une quête désespérée pour les ménagères

Adji Wagne, ménagère, arpente le marché depuis plus d’une heure, en vain. « Le Ramadan, c’est le moment de bien nourrir sa famille, mais là, c’est impossible. Même quand je trouve du poisson, les prix sont prohibitifs », soupire-t-elle, le visage marqué par la fatigue. À ses côtés, Fatou Dicko et Awa Ndao partagent cette lutte quotidienne. « On vient dès l’aube, mais souvent, il n’y a rien. Et quand il y en a, c’est trop cher pour un repas décent à la rupture », confie Fatou, résignée.

Awa, elle, déplore aussi la qualité : « Sans conservation, le poisson arrive abîmé. Mais faute de mieux, on le prend quand même. » Face à cette pénurie, les alternatives comme la viande (4 000 FCFA le kilo) ou le poulet (3 500 FCFA) restent tout aussi inabordables pour des familles déjà à la peine.

Une solution urgente : des chambres froides

Pour Ibrahima, la réponse est évidente : « Des chambres froides à Kaffrine permettraient de stocker le poisson plusieurs jours et de stabiliser les prix. » Il appelle les autorités locales et nationales à investir dans des infrastructures modernes. « Sans ça, la souffrance continuera. On a besoin d’actions, pas de paroles », insiste-t-il.

Un Ramadan sous tension

Alors que la journée s’achève, les derniers poissons se vendent à prix d’or sous un soleil brûlant. Pour beaucoup, la rupture du jeûne se fera avec peu, dans l’attente d’un miracle avant la fin du mois béni. À Kaffrine, entre désespoir et résilience, la crise du poisson met les familles à rude épreuve, révélant l’urgence d’une solution durable.

Autres actualités

25 - Octobre - 2018

Dianké Souf : la gestion de la commune au centre d’une audience publique

La gestion de la commune de Dianké Souf, située dans le département de Malem Hodar, était au centre d’une audience publique organisée mercredi à...

19 - Octobre - 2018

Usine de déferrisation de Koungheul : l’achèvement des travaux en ligne de mire du DG de la SONES

Le directeur général de la Société nationale des eaux du Sénégal (SONES), Charles Fall, a décidé de prendre des "dispositions...

25 - Septembre - 2018

Kaffrine : Un homme tue un garçon de 7 ans d’un coup de pilon

Les habitants de la commune de Katiote dans la région de Kaffrine sont dans le désarroi après le meurtre barbare d’un petit garçon de sept (7) ans. Le...

21 - Septembre - 2018

Koungheul - Irrationalité constatée dans le choix du délègue de « Bennoo bokk yaakaar » au parrainage LE MAIRE MAYACINE CAMARA CLAQUE LA PORTE

La nomination du maire de la commune de Ribo Escale, Yaya Sow, au poste de délégué de la coalition « Bennoo Bokk Yaakaar » (Bby) chargé du parrainage dans...

18 - Septembre - 2018

Koungheul sans eau ni électricité depuis trois jours

Les populations de Koungheul vivent un véritable calvaire. Pour cause, depuis trois jours, elles n’ont ni eau, ni électricité. Ce, en dépit de la marche des...
']); _gaq.push(['_trackPageview']); (function() { var ga = document.createElement('script'); ga.type = 'text/javascript'; ga.async = true; ga.src = ('https:' == document.location.protocol ? 'https://ssl' : 'http://www') + '.google-analytics.com/ga.js'; var s = document.getElementsByTagName('script')[0]; s.parentNode.insertBefore(ga, s); })();