Comment les économies de la Côte d’Ivoire, de l’Éthiopie et du Kenya tirent leur épingle du jeu grâce au numérique

31 - Octobre - 2016

Comment les économies de la Côte d’Ivoire, de l’Éthiopie et du Kenya tirent leur épingle du jeu grâce au numérique

L’Afrique profitera-t-elle de la remontée des cours du pétrole observée depuis quelques semaines ? Tombé à 27 dollars en janvier, le prix du baril de brent s’établissait à 50,48 dollars lundi 31 octobre. Une lueur d’espoir pour les grands producteurs d’or noir de la région, qui ont particulièrement souffert de l’effondrement des cours en début d’année.

De fait, la croissance africaine ne devrait pas, en moyenne, dépasser les 1,3 % en 2016, selon une étude publiée jeudi 27 octobre par Euler Hermes, le spécialiste dans l’assurance-crédit. Une prévision proche de celle établie par le Fonds monétaire international, à 1,4 %, dans son rapport Afrique subsaharienne, une croissance à plusieurs vitesses, publié le 16 octobre (hors Afrique du Nord). Un niveau loin de celui d’avant crise : entre 2000 et 2010, la croissance moyenne africaine s’élevait en effet à 5 % par an. Sans surprise, le Nigeria, frappé de plein fouet par la chute des cours du pétrole, s’enfonce dans une dynamique récessionniste (– 2,3 %). L’Afrique du Sud est également affectée (+ 0,5 %).

Investissements en recherche et développement

Mais ce tableau d’ensemble bien sombre occulte les résultats encourageants de certains pays africains. En excluant les exportateurs de matières premières non agricoles, la croissance africaine devrait en effet se maintenir à environ 4 % en 2016. La Côte d’Ivoire (+ 7,5 %), l’Ethiopie (+ 7 %) et le Kenya (+ 6 %), que Euler Hermes qualifie de « champions du changement », tirent particulièrement leur épingle du jeu. Ces pays profitent de leurs bonnes récoltes agricoles et de la volonté de leur gouvernement d’améliorer le climat des affaires. Dans le cas éthiopien, les saccages d’entreprises locales et étrangères, qui ont eu lieu début octobre suite aux grandes manifestations antigouvernementales, viennent toutefois ternir le tableau.

Ces pays misent aussi davantage sur l’innovation. Beaucoup ont augmenté les dépenses en recherche et développement ces quinze dernières années. Au Kenya, la part de ces investissements est ainsi passée de 0,3 % du produit intérieur brut (PIB) entre 2001 et 2007, à 0,9 % en 2015, et onze pôles technologiques ont été créés.

« L’incubateur technologique kényan iHub a contribué au développement de 150 entreprises depuis 2008, preuve de leur rôle dans l’essor de l’économie africaine », souligne dans l’étude Stéphane Colliac, spécialiste de l’Afrique chez Euler Hermes. « L’Afrique est en retard sur le reste du monde, mais cela représente paradoxalement un avantage pour la région : elle aborde différemment son développement et sautera des étapes qui lui permettront d’accélérer son rattrapage », estime pour sa part Ludovic Subran, chef économiste d’Euler Hermes.
De bons services administratifs en ligne

Ce développement singulier est également porté par la progression des nouvelles technologies d’information et de communication. En Côte d’Ivoire, le nombre d’abonnés dans le secteur des télécommunications augmente chaque année de 14 % en moyenne. « Lorsque 60 % des consommateurs utilisent encore le chèque en France, 14 % de la population kényane paie déjà sans contact », fait remarquer M. Subran. Cette révolution numérique est aussi prometteuse au regard du fonctionnement des services publics. L’Afrique du Sud, le Rwanda et le Ghana possèdent d’ores et déjà des services publics en ligne de relative bonne qualité, selon l’étude d’Euler Hermes. Le Rwanda a, par exemple, mis en place un système en ligne permettant à une entreprise d’être répertoriée par l’Etat en moins de six heures.

En outre, ces pays affichent une consommation dynamique (elle devrait progresser de 6 % en Côte d’Ivoire en 2016) et profitent en grande partie des investissements directs à l’étranger reçus par l’Afrique. Ceux-ci représentaient en moyenne environ 20 % du PIB en Côte d’Ivoire et au Kenya sur la période 2010-2015.

Autres actualités

24 - Juin - 2019

Mahmoud Abbas rejette tout plan économique américain sans solution politique

Psalmodie désespérée ou boussole ? Mahmoud Abbas a évoqué le droit international à de multiples reprises, dimanche 23 juin, au cours d’un exercice...

22 - Juin - 2019

Une scène de ménage perturbe la marche de Boris Johnson vers Downing Street

Ce ne devait être qu’une formalité. Mais la marche supposée irrésistible de Boris Johnson vers la direction du Parti conservateur et, partant, du Royaume-Uni, est...

22 - Juin - 2019

L’Iran met en garde les Etats-Unis sur les conséquences en cas d’attaque

Les tensions restent fortes entre l’Iran et les Etats-Unis. L’armée iranienne a averti Washington samedi 22 juin que la moindre attaque contre son territoire aurait, selon...

21 - Juin - 2019

Un secrétaire d’Etat britannique dans la tourmente

En pleine guerre de succession à Theresa May, le Parti conservateur n’avait pas besoin de cette vidéo déjà vue des centaines de milliers de fois. Alors...

21 - Juin - 2019

Mauritanie : le bilan en demi-teinte des deux quinquennats de Mohamed Ould Abdelaziz

Longtemps, personne n’a voulu croire aux promesses de l’ancien putschiste. Il avait beau répéter – et cela depuis plusieurs années déjà...
']); _gaq.push(['_trackPageview']); (function() { var ga = document.createElement('script'); ga.type = 'text/javascript'; ga.async = true; ga.src = ('https:' == document.location.protocol ? 'https://ssl' : 'http://www') + '.google-analytics.com/ga.js'; var s = document.getElementsByTagName('script')[0]; s.parentNode.insertBefore(ga, s); })();